Y aurait-il un régime idéal, fonctionnant pour tous ?

Cet extrait d’un entretien du Dr Cousens avec Sarah Best provient du N° de printemps 2008 du magazine GET FRESH

Le Dr Cousens est un médecin spécialiste de l’alimentation vivante, reconnu internationalement et auteur de plusieurs livres dont le classique Conscious Eating (Se nourrir en conscience) et There Is a Cure for Diabetes (Soigner son diabète en 21 jours).
Il est aussi le fondateur et le directeur du Centre de Régénération TREE of LIFE, qui se trouve en Arizona (U.S.A.) et en Israël.

 

Q. : Beaucoup d’experts de l’alimentation vivante et crue professent qu’il y a un régime idéal qui fonctionne pour tous, mais vous vous êtes depuis longtemps opposé à cette idée. Pouvez-vous expliquer pourquoi ?

R. : Il n’y a rien qui soit « normal ». C’est un mythe. En tant qu’espèce nous avons 30.000 gènes et 200.000 variations de gènes. Vous ne pouvez raisonnablement pas espérer qu’avec autant de variations chacun ait besoin du même régime. Un des systèmes de santé les plus brillants au monde est l’Ayurveda et l’un des premiers principes de l’Ayurveda est : mangez en fonction de votre dosha, ou type.

De plus, il y a un travail fait sur l’individualité biochimique par Roger Williams à l’Université du Texas. Et il y a aussi des recherches montrant que le niveau du PH dans le sang veineux allant au cerveau est de 7.46 au mieux, mais que des personnes différentes doivent manger de façon différente pour atteindre ce niveau. Nous avons eu un grand succès en aidant des gens ayant des désordres mentaux en s’occupant simplement de ce problème. Je ne l’ai donc pas inventé. Il y a trois piliers majeurs de recherche qui soutiennent le besoin d’adapter le régime à l’individu.

Quand des gens écrivent qu’il y a un régime pour tous ils ne s’appuient pas sur la science ; c’est une extension de leur ego. Le livre Mucusless Diet Healing System (Régime de guérison par l’alimentation anti-mucus) par Arnold Ehret est un excellent exemple. C’est un formidable régime pour le type Kapha parce que le Kapha a tendance à produire beaucoup de mucus, mais c’est un désastre pour des gens qui sont du type Vata.

 

Q. : Pouvez-vous nous en dire plus sur les principales différences entre les types ?

R. : Un régime haut en protéines est nécessaire pour les types d’oxydants rapides (ou parasympatiques ou Vata), alors que les oxydants lents (ou types sympathiques ou Kapha) ont besoin d’un pourcentage plus élevé d’hydrates de carbone et de beaucoup moins de protéines. Les oxydants mixtes sont entre les deux.  Tout ceci est génétiquement déterminé sur la base de l’ADN et des mitochondries (les usines à énergie des cellules). Les gènes en question déterminent la façon dont vous métabolisez votre nourriture pour l’énergie.

Ainsi donc une personne qui est un oxydant rapide a besoin de plus de protéines, et cette personne échouera dans une alimentation vivante ou/et végétalienne si elle essaie de le faire avec : Hydrates de carbone élevées/peu de graisse. Elle n’aura pas assez de protéines pour permettre aux mitochondries des cellules de travailler correctement.  Les seules personnes qui peuvent se maintenir sur un régime haut en sucre sont les oxydants lents, et très peu de gens sont dans cette catégorie.

Quand vous êtes en état d’hypoglycémie, votre esprit ne peut pas être stable. Vous ne pouvez pas faire preuve de clarté d’esprit si votre sucre sanguin monte et descend. J’ai personnellement mis au défi des swamis indiens en disant : « Je médite 6 heures par jour, vous le faites 1 à 2 heures et vous ne pouvez pas continuer. Essayez une alimentation à bas indice glycémique et voyez s’il y a une amélioration ». Ils ont donc supprimé les éléments à teneur élevée en sucre, y compris bananes et papayes, et leur capacité à rester immobile s’est très largement améliorée, en même temps que leur clarté mentale.

 

Q. : Y a-t-il des gens qui ne peuvent pas s’épanouir avec une alimentation végétalienne crue ?

R. : En presque 30 années de soins par l’alimentation vivante j’ai testé une seule personne, une dame du cercle arctique, qui avait en vérité un besoin biologique de protéines animales. Mais même dans ce cas une portion de poisson, une fois par semaine, était suffisante.  S.  Les oxydants rapides trouvent des quantités de protéines dans une alimentation vivante aussi longtemps qu’ils savent où et comment les trouver. Le bœuf contient 14% de protéines assimilables, le poisson 15 % et le poulet 16 %, tandis que la spiruline contient 40% de protéines assimilables. Alors trouver suffisamment de protéines dans une alimentation vivante n’est pas un problème.

Des recherches par l’ American dietetic Association (Association diététique américaine) ont montré que la plupart des végétaliens consomment plus du double des protéines dont ils ont besoin. Les gens sont malades du trop de protéines pas du manque. Une personne qui sent qu’elle a besoin de protéines animales sent cela parce qu’elle a besoin de vitamine B12. Des études scientifiques ont montré clairement que presque 80% des végétaliens et consommateurs d’aliments vivants testés sont déficients en Vitamine B12. Ces déficiences n’arrivent pas en un jour : certaines prennent une année à se développer et d’autres prennent 10 ans et plus. Mais en tant que médecin, je ne peux pas recommander aux gens d’attendre d’avoir une déficience en B12 pour y faire attention.
Dans notre Centre nous avons un complexe vivant de nano B12 à partir de bactéries, et une demi-cuillère à café par jour est suffisant.

En dehors de cela, il n’y a rien dans l’alimentation animale que vous ne puissiez pas trouver dans l’alimentation végétale équilibrée, alors pourquoi voudriez-vous détruire une vie sensible quand vous n’en avez pas besoin ? Comment pouvez-vous être un être libéré, en vivant de la force vitale d’autres êtres sensibles ? Ceci est une vision spirituelle, pas une vision matérielle du « moi d’abord ». Dans le passé les humains ne pouvaient pas choisir ce qu’ils voulaient manger. Le luxe que nous avons aujourd’hui est que nous avons la capacité de pratiquer ahimsa, ce qui signifie un mode de vie ne provoquant pas de souffrance.

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Colette