Votre santé en danger si vous ne consommez plus d’œufs

Une rumeur médiatique laisse à penser que la phobie des œufs et du cholestérol qui semble actuellement se répandre mettrait notre santé en danger….

Et quels sont les individus exposés en première ligne ? mais les végétaliens, bien sûr, qui ont choisi de renoncer à tous les sous-produits animaux !!! 

Ce qui est surtout désolant c’est que ce type d’information alarmiste (si pas tout-à-fait erronée) sème des doutes et des inquiétudes inutiles chez nombre de personnes n’ayant ni le goût, ni l’envie de s’informer sérieusement sur la nutrition, et continue à détourner d’une alimentation majoritairement sinon exclusivement végétale, reconnue pourtant de plus en plus (les études s’accumulent actuellement par dizaines) comme non seulement la plus saine mais aussi, accessoirement, la plus écologiquement durable. Ce qui n’est pas sans importance à l’heure où l’ensemble des humains s’interroge sur la pérennité de notre Planète…

Mais en quoi consisterait ce supposé « danger » ? Par manque de choline.

Oeufs

Il serait donc bon de savoir ce qu’il en est vraiment au sujet de cette choline :

  • C’est quoi ?
  • Ça sert à quoi ?
  • Où la trouve-t-on ?
  • Comment est-elle assimilée ?
  • Quels sont les risques d’une déficience sur la santé ?
  • Comment réparer/éviter cette éventuelle déficience ?

1. La choline fait partie des nutriments essentiels, classée dans le groupe des vitamines B, qui est chimiquement un alcool aminé et est classée désormais comme bétaïne

2. La choline aide à construire les membranes cellulaires et à transporter les graisses et les nutriments à l’intérieur et à l’extérieur des cellules. Nécessaire pour la structure de toutes les cellules et le maintien de la vie. Son importance semble avoir été sous-estimée jusqu’à une époque récente.

3. La choline est largement distribuée dans les aliments végétaux, parce qu’elle fait partie de toutes les cellules, bien que les études montrant les quantités exactes soient limitées. Dans 100 grammes de chacun des aliments suivants vous pouvez espérer obtenir les quantités de choline suivantes :

  • Fruits : 5 à 10 mg
  • légumineuses cuites : 60 à 90 mg
  • noix et graines : 25 à 60 mg
  • légumes : 5 à 20 mg

4. Votre corps peut fabriquer de la choline en petite quantité qui s’ajoute à la choline alimentaire s’il reçoit par ailleurs suffisamment de folate, de vitamine B12 et de l’acide aminé méthionine. Les besoins semblent être individuels selon le capital génétique de chacun.

5. En cas de déficience de choline, le risque est de voir la graisse s’accumuler dans le foie, ce qui peut conduire chez les humains à diverses pathologies : maladie du foie gras non alcoolique, cancers (L’écrasante majorité des études ayant été menée sur des animaux….). Par ailleurs une déficience chez la femme enceinte et/ou allaitante pourrait avoir des conséquences sur le développement cérébral du nouveau-né.

6. Pour éviter cette déficience il semble donc évident qu’une alimentation variée et « complète » sera souveraine, selon les capacités d’assimilation de votre propre organisme (Tenir particulièrement compte de ce critère au-delà de la cinquantaine*…).

*Pour exemple les besoins en protéines augmentent avec l’avancée en âge contrairement à ce qu’on pourrait penser, pour la simple raison que ces protéines sont moins bien assimilées et sont éliminées par les voies naturelles sans que l’organisme ait pu en profiter (Petit rappel : protéines ne signifie pas « aliment d’origine animale », il est préférable d’ailleurs qu’elles soient végétales).

 

Maintenant, de combien votre corps a-t-il besoin de choline pour fonctionner correctement ?

Ces besoins sont évalués à 425 mg pour les femmes et 550 mg pour les hommes.

Sachant que :

  • un jaune d’œuf moyen (de 50 g) en contient 125 mg,
  • le foie animal environ 300 mg pour 100 g,
  • la viande et le poisson 70 à 100 mg pour 100 g,
  • enfin les légumineuses et les noix environ 40 mg pour 100 g…

… il serait tentant de se tourner vers les produits ou sous-produits animaux pour être sûr d’en consommer suffisamment !

Il faut préciser qu’en l’état actuel des connaissances la carence en choline semble très rare, et que son mécanisme d’assimilation est extrêmement dépendant de toute une chaîne d’autres nutriments, qui se trouvent dans une alimentation variée, végétale de préférence, puisqu’à ce jour il n’a jamais été démontré que les végétaliens présentaient des déficits de choline supérieurs aux omnivores, les études à ce sujet semblent tout simplement inexistantes !
Si vous disposez d’études fiables sur le sujet elles seront les bienvenues. Je n’en ai pas trouvé.

 

Sur une journée, sur une semaine, si vous variez vos aliments végétaux en y incluant légumineuses et noix diverses, qui devraient faire partie intégrante de toute alimentation végétale bien menée, c’est tout votre corps qui fonctionnera harmonieusement, sauf trouble pathologique particulier, et il fera alors le travail nécessaire pour fabriquer et compléter votre besoin de choline !
Les œufs ne sont absolument pas indispensables pour cela… mais l’alimentation végétale DOIT être équilibrée et conçue avec des aliments complets.


Quels que soient les nutriments indiscutablement contenus dans les œufs (ce qui est le cas également pour le lait animal), il faut savoir que les végétaux peuvent nous fournir les mêmes. Peu importe si les concentrations y sont (parfois) moins importantes : ça n’est pas la concentration qui compte mais nos besoins réels et notre capacité à assimiler ces nutriments.

Peu importe qu’il y ait la queue à la porte d’un restaurant (sauf le plaisir du succès…), ce qui compte c’est sa capacité de remplissage pour que son bilan financier annuel soit positif  ;-) !

 

Sources :

 

 Avertissement publié dans un précédent article sur le danger de séparer un nutriment de son contenant :

J’ajouterai encore la remarque pleine de bon sens du Pr Colin T. Campbell : « Se concentrer sur les nutriments est une arnaque » (Voir cette conférence). Ce qui revient à dire par cette remarque provocatrice que chaque nutriment sorti de l’aliment qui le contient n’a que peu ou pas d’intérêt... et peut même être dangereux (sauf cas très spécifique de grave déficience, et encore…).
Le fonctionnement du corps humain est si sophistiqué que lui seul sait utiliser intelligemment tous les nutriments contenus dans un aliment « complet », car chacun des composants ou « nutriments » de cet aliment fonctionne en coopération, en synergie, avec les autres.

 

C’est pourquoi certaines supplémentations sélectives pourraient être extrêmement risquées et contre-productives, si effectuées de façon inconsidérée.

 

Pour quelques informations complémentaires vous pouvez voir cette page.

 

Il me reste encore à vous traduire l’article suivant publié par l’Institut Hippocrate :

Plus vous mangez d’œufs, plus élevé le risque de cancer du sein (et autres cancers)

En ce qui concerne le lien entre la consommation d’œufs et le risque de cancer du sein, 13 études scientifiques distinctes sur ce lien ont été analysée en 2014 et les résultats publiés dans le journal Breast cancer.

Selon les auteurs de l’analyse des études, ces « résultats ont montré que la consommation d’œufs était associée à une augmentation du risque de cancer du sein pour celles qui consommaient 5 œufs ou plus par semaine. La consommation d’œufs était associée à une augmentation du risque de cancer du sein parmi la population européenne, asiatique et post-ménopause et celle qui consommait de 2 à 5 œufs par semaine. »

Avec le risque de cancer du colon et la consommation d’œufs, une série d’études a établi le lien au fil des années, majoritairement dans des journaux scientifiques en dehors des USA. En revoyant cette somme grandissante de données, des scientifiques écrivant dans le Asian Pacific journal of Cancer Prevention, ont observé :

« De précédentes études ont suggéré que la consommation d’œufs peut augmenter le risque de cancer colorectal et quelques autres cancers. Pour explorer plus avant le lien entre la prise d’œufs et le risque de cancer, nous avons conduit une étude dans 11 lieux en Uruguay entre 1996 et 2004, incluant 3.539 cas de cancer et 2.039 contrôles hospitaliers. Avec une consommation élevée d’œufs il y avait une augmentation significative de chances de cancers du colon, du sein et de la prostate. »

 

Sources :

  • Egg consumption and breast cancer risk: a meta-analysis. Si R. Et al. Breast Cancer. 2014 May; 21(3):251-61.
  • Egg consumption and the risk of cancer: a multisite case-control study in Uruguay. Aune D. De Stefani E. Ronco AL. Boffetta P. Deneo­Pellegrini H. Acosta G. Mendilaharsu M. Asian Pac J Cancer Prev. 2009; 10(5):869-76.
  • “Effect of cooking methods on the formation of heterocyclic aromatic amines in chicken and duck breast.” Liao GZ. Et al. Meat Sci. 2010 May.
  • “Formation of heterocyclic amines during cooking of duck meat.” Liao GZ. Et al. Food Addit Contam Part A Chem Analysis Control Expo Risk Assess. 2012. 

 (Extrait d’un article qui se poursuit en examinant les conséquences de la consommation de volailles…)

 

Vous trouverez sur cette page toutes sortes d’idées pour remplacer les œufs dans une recette  :-)
et une inspiration/soutien pour une alimentation plus végétale avec cette vidéo.

 

Pour en terminer avec ce sujet des œufs j’aimerais émettre un vœu, c’est que toutes celles et ceux qui souhaiteraient continuer à en consommer de temps à autre (difficile d’échapper à certains gâteaux en contenant par exemple, et personne n’est parfait), les choisiront venant de poules vivant joyeusement, librement, sainement, en plein air et non pas dans ces horribles élevages industriels qui sont la honte de l’espèce humaine !

(Pour passer un petit moment -enfin… presque une heure tout de même ;-) – avec le Dr Greger, qui ne manque pas d’humour, voyez cette vidéo sous-titrée en français -que vous trouvez aussi ci-dessous-. Informatif sans aucun doute, mais aussi très drôle :lol:  – N’hésitez pas à lire son livre « How not to die » désormais traduit en français : « Comment ne pas mourir« )

Pour le sous-titrage en français : cliquer sur la petite roue « Paramètres » au bas de la vidéo, puis choisir « sous-titres » et enfin la langue souhaitée.

 

Colette