Trop d’œstrogènes : danger même pour les femmes !

Arrêtez-vous un moment et observez ce qui différencie un homme d’une femme. Je ne parle pas des différences évidentes des attributs physiques, mais plutôt du terrain physiologique interne et comment il varie entre les deux sexes.

Parlant des hormones vous pourriez dire qu’un homme est testostérone dominant, alors que le corps d’une femme favorise les œstrogènes et vous auriez techniquement raison. Mais est-ce aussi simple, et y aurait-il une limite au-delà de laquelle les niveaux élevés d’œstrogènes peuvent devenir un problème pour les femmes ?

Il est de connaissance courante que les hommes souhaitent éviter les œstrogènes comme la peste, qu’ils en ont suffisamment et que le plus souvent il veulent plus de testostérone. Mais les femmes qui ont des niveaux très élevés d’œstrogènes (connus comme à dominance d’œstrogènes), ou qui pourraient courir le risque de développer des problèmes de santé associés à la dominance d’œstrogènes (NDT : nombre de cancers du sein, par exemple), sont le plus souvent dans le même bateau que les hommes. Pour une femme souffrant d’une dominance d’œstrogènes, même un petit supplément d’œstrogène, disons un produit chimique supprimant l’endocrine (EDC ou perturbateurs endocriniens) dans son shampoing favori, pourrait être suffisant pour bouleverser complètement sa santé.[1]

Vous pouvez vous demander : mais les œstrogènes ne sont-ils pas bons pour les femmes ? Ils le sont, mais en parfait équilibre avec la testostérone. [2]

Si vous pensez au corps humain comme à un balancier, les hormones testostérone et œstrogène représentent le poids et le contrepoids qui retiennent le plateau de plonger d’un côté ou de l’autre jusqu’au sol. Elles vont avoir des hauts et des bas, pour sûr -des allers et retours, des flux et des reflux- cela est complètement normal et en accord avec la physiologie humaine normale.

Mais il y a un équilibre général qui maintient le corps ancré au point pivot, pour ainsi dire, et cet équilibre est absent chez les femmes à œstrogènes dominants.

 

Causes courantes des œstrogènes dominants

Alors qu’est-ce qui provoque des niveaux dangereusement élevés d’œstrogènes chez les femmes ? Il y a de nombreux facteurs potentiels, les non moindres de ceux-ci incluent les EDCs (perturbateurs endocriniens) que j’ai mentionné ci-dessus. Ces toxines chimiques se cachent partout depuis l’eau et l’air jusqu’à l’alimentation et même le mobilier. Y échapper dans notre monde lourdement industrialisé est définitivement un défi, particulièrement quand vous ne pouvez pas nécessairement les voir, les sentir ou les goûter. Ils sont en fait des poisons invisibles qui causent silencieusement des ravages sur le corps, et ceci est vrai à la fois pour les femmes et pour les hommes.

Les polluants industriels de presque toutes les sortes, presque toujours ont des propriétés imitant les œstrogènes qui s’ajoutent à la charge des œstrogènes féminines. Ceci inclut les produits chimiques des plastiques comme le bisphénol-A (BPA), ceux des retardateurs de flamme, des pesticides et herbicides et les parabènes [3]. Beaucoup d’aliments contiennent aussi des composés phyto-œstrogéniques comme les isoflavones qui, alors qu’ils ont un but, peuvent surcharger les stocks d’hormones du corps.

De tels aliments incluent le soja* et autres légumineuses, l’alcool (particulièrement la bière qui contient du houblon), les sucres raffinés, les hydrates de carbone (particulièrement ceux qui dérivent de céréales transformées), et la viande conventionnelle et les produits laitiers qui contiennent des hormones de croissance et des antibiotiques.

Le stress est un autre facteur associé à la dominance des œstrogènes, et l’un de ceux que beaucoup de gens -à la fois les hommes et les femmes- ont tendance à négliger. C’est une idée fausse courante que celle qui prétend que notre corps est seulement limité dans ses potentiels par notre réticence à le pousser jusqu’à son maximum. Bien qu’il y ait à dire sur les entraînements intensifs -et je devrais le savoir en tant qu’ancien body-builder- il y a encore plus à dire sur le fait de prendre du temps pour le repos et la relaxation, quelque chose que trop de gens dans notre monde actuel très occupé, échouent à incorporer dans leurs routines quotidiennes.

Quand le corps d’une femme est constamment emprisonné dans le mode « avance, avance... » ses glandes surrénales peuvent arriver à une sur-activation telle qu’elles ne peuvent plus produire assez de progestérone associée aux œstrogènes. Habituellement ceci se passe parce que les surrénales produisent, en leurs lieu et place, du cortisol (l’hormone du « combattre ou fuir ») pour surmonter le stress qu’elle endure. Ceci détruit son équilibre progestérone-œstrogène, le faisant pencher typiquement en faveur de l’œstrogène.

 

Souffrez-vous de fatigue surrénale sans même le savoir ?

Nous nommons cet état : fatigue surrénale, ou burnout des surrénales. Parce que nombre de symptômes commencent petit et progressent au fil du temps, beaucoup de femmes ne savent même pas que leur mode de vie stressant les affecte de cette façon [4]. C’est l’une des plus grosses raisons pour laquelle le stress est, de façon discutable, la « substance » la plus toxique dans nos vies modernes.

Dans la même veine, ne pas prendre suffisamment de repos contribue aussi à la domination des œstrogènes. Des schémas de sommeil irréguliers et un manque de sommeil inhibe directement le corps féminin à recharger ses réserves d’hormones. Un sommeil inadéquat affecte aussi négativement la production des hormones de la nuit comme la mélatonine, une hormone du sommeil qui en fait aide le corps féminin à se protéger contre la domination des œstrogènes.

 

Les symptômes de niveaux élevés d’œstrogènes

Donc, comment savoir si vous souffrez d’une dominance d’œstrogènes ? En général, c’est difficile de la rater. Une femme saine avec des hormones en équilibre se sentira énergique, heureuse, avec une vie sexuelle saine. Une femme à dominance d’œstrogènes, d’un autre côté, se sentira exactement à l’opposé : fatiguée, de mauvaise humeur, avec une sexualité en sommeil [5].

C’est une évidence que cela est une catégorisation générale qui variera d’une femme à l’autre et d’un jour à l’autre pour chaque femme. Mais l’essence de ce que signifie la dominance en œstrogènes, c’est qu’une femme ne se sent plus vraiment elle-même (et la même chose est vraie, au fait, pour les femmes qui n’ont pas assez d’œstrogènes. Souvenez-vous que c’est une affaire d’équilibre [6]).

Une femme peut avoir des difficultés croissantes pour digérer ses aliments, par exemple, ou remarquer qu’elle a plus de mal à dormir (ou à rester éveillée), ou peut-être qu’elle n’a plus envie de faire de l’exercice ou même de se réunir avec ses amis comme elle en avait l’habitude.

Il est assez intéressant de noter que les symptômes des niveaux trop élevés d’œstrogènes chez les femmes, ont tendance à être les mêmes que ceux qu’expérimentent eux aussi les hommes quand leur corps a trop d’œstrogènes. Des choses telles que la perte de puissance, à la fois sexuellement et dans la vie quotidienne : difficulté à se concentrer, irritabilité, fatigue chronique, sont juste quelques-uns des changements de personnalité qui viennent à l’esprit lorsque les hormones sont hors des rails.

Et ensuite il y a les changements corporels. La dominance d’œstrogènes tend à se manifester physiquement par l’augmentation de la graisse corporelle -particulièrement autour de la partie médiane de la femme- en même temps qu’une perte musculaire correspondante.

Lorsque cela se produit, ce volume en extra qui semble surgir de nulle part est souvent une cause directe, autant qu’un symptôme, d’une dominance d’œstrogènes. Des règles irrégulières, des maux de tête, une perte de cheveux, et des extrémités plus froides que la normale sont des indicateurs supplémentaires que les hormones d’une femme sont en déséquilibre.

Les symptômes, peut-être les plus inquiétants, de la dominance d’œstrogènes sont les anormalités des seins. Les femmes qui développent une sensibilité, un gonflement ou des boules mystérieuses dans leurs seins ne devraient pas seulement noter un déséquilibre potentiel des hormones, mais aussi chercher de l’aide pour le solutionner. Si laissés sans attention, de tels symptômes ont un potentiel à se développer. [7]

 

7 trucs utiles pour éviter la dominance des œstrogènes

Donc, que doit faire une femme ? D’abord, ne vous inquiétez pas. Je n’essaie pas de vous effrayer, de vous inquiéter, ou d’ajouter plus de stress à votre vie. Je souhaite simplement vous informer sur l’important sujet des niveaux élevés d’œstrogènes, de façon à ce que vous puissiez suivre les étapes correctes qui vous éviteront de devenir « œstrogène dominant ».

J’ai mis en évidence quelques trucs utiles pour vous ci-dessous de façon à ce que vous commenciez à limiter votre charge d’œstrogènes. Des trucs qui, je l’espère, vous conduiront à vous engager vers d’autres étapes pour soutenir la capacité interne de votre corps à équilibrer vos hormones pour la santé et la longévité.

1. Nettoyez « Vert » – Faites un inventaire de tout ce que vous utilisez à la maison pour nettoyer et assurez-vous que tous les produits sont sans chimiques synthétiques, parfums et autres toxines. Nombre de ceux-ci sont facilement identifiables parce que souvent vous ne pouvez pas prononcer leur nom. Pensez aux sprays nettoyants tous-usages, aux savons à main, aux lessives détergentes, aux shampoings et après-shampoings, lavants corporels, assainisseurs d’air ; vraiment TOUT ce que vous appliquez sur le mobilier ou sur votre corps. Liste des produits à éviter.

 

2. Restez calme et allez de l’avant - Il y a une chose qui ne pourra jamais me stresser suffisamment, c’est que vous ne devriez pas vous stresser. Le stress chronique met le corps en surchauffe d’urgence, éliminant les hormones dont vous avez besoin pour votre vie et votre santé en les remplaçant par les hormones dont vous avez besoin pour la survie (souvenez-vous : combattre-ou-fuir c’est l’ennemi de l’équilibre des hormones). Prenez le temps de vous reposer, de vous relaxer et souvenez-vous que l’anxiété et le souci ne changeront jamais rien sinon votre état métabolique, et pas pour le meilleur.

 

3. Surveillez votre foie – Il est important de reconnaître le stress comme une toxine « perturbatrice endocrinienne », et que votre foie est le premier organe responsable de l’éradication du dommage qu’elle provoque (autant que des dommages provoqués par les autres EDCs -perturbateurs endocriniens-). Mais il ne pourra pas le faire si vous buvez des quantités d’alcool ou d’autre part échouera à conserver votre foie dans sa meilleure forme. Détoxifier votre foie de temps à autre et consommer une alimentation qui soutient son fonctionnement maximal, ira loin pour vous aider sur le chemin de l’équilibre de vos hormones et éviter la dominance des œstrogènes. [8]

 

4. Mangez correctement – Ce qui signifie consommer plein de fibres, particulièrement les insolubles qui se lient à l’excès d’œstrogènes dans le système digestif de façon pouvoir être expulsées du corps. Consommer seulement du bio ou certifié sans pesticides ni herbicides est hautement recommandé, comme cela l’est aussi de choisir des viandes et produits laitiers -si vous en consommez encore- biologiques, issus d’élevage en plein air, et éviter l’excès d’hydrates de carbone (non complets et/ou trop transformés) et le sucre.

 

5. Évitez le soja* – Il y a beaucoup de confusion sur ce produit car le soja a été longtemps présenté comme un « aliment santé ». Mais la vérité c’est que le soja, particulièrement sous sa forme non fermentée, est un aliment hautement œstrogénique qui peut perturber sévèrement l’équilibre hormonal. [9]. Ceci est amplifié avec le soja OGM, ce qui le cas pour la plupart du soja sur le marché actuellement -aux USA et s’il n’est pas labellisé « Bio »- car cet aliment transgénique est typiquement aspergé de chimiques xénoestrogéniques comme le Roundup (glyphosate) avant la récolte. [10]. Les produits traditionnels de soja fermenté faits avec du soja sans OGM sont généralement considérés OK en petites quantités.*

 

6. Bougez – Garder le corps en mouvement aidera le corps à stimuler les hormones de croissance humaines tout en neutralisant et en expulsant du corps l’excès d’œstrogènes et autres toxines. Particulièrement quand il est combiné à une alimentation saine, l’exercice peut aider à éliminer l’excès de graisse, qui est l’endroit où les œstrogènes ont tendance à se loger et à faire des dégâts.

 

7. Maintenez vos locataires intestinaux heureux – Une partie du « manger sain » signifie : prendre soin de votre microbiote. Je veux parler des colonies vibrantes de probiotiques qui vivent dans votre petit intestin, et qui aident à digérer vos aliments, à absorber les nutriments, à vous protéger contre les envahisseurs pathogènes et à réguler l’expression et la production d’hormones. Les aliments transformés, les toxines chimiques et d’autres facteurs peuvent endommager les bactéries saines et compromettre la digestion, tout en conduisant à la production d’œstrogènes. C’est pourquoi nous recommandons souvent des aliments probiotiques et des suppléments pour aider à soutenir un ré-équilibre sain des intestins.

 

 

* Note de Veganbio -  Le soja est mentionné à plusieurs reprises dans cet article et, bien qu’il ait fait l’objet de nombreuses controverses, on peut se poser la question du mystère asiatique où l’excès d’œstrogènes était quasiment inconnu dans l’alimentation traditionnelle comprenant du soja. De nombreux nutritionnistes, les plus pointus et les plus avertis, mentionnent désormais que l’avantage, et non des moindres, des phyto-oestrogènes serait que ceux-ci, vont s’installer dans les récepteurs d’œstrogènes du corps, empêchant ainsi, en occupant l’espace, les « mauvais » œstrogènes (chimiques) de s’y installer. Ce qui semble relever du bon sens… le corps sachant parfaitement bien utiliser les aliments « naturels » pour le bénéfice de son bon fonctionnement. De là à en consommer à tous les repas, il y a un pas… mais de temps à autre ou même une petite portion une fois par jour, pourquoi pas ? A chacun de juger, selon son ressenti. Mais il semble raisonnable de ne pas le diaboliser dans cette lutte anti-œstrogènes.

 

RÉSUMÉ de cet article

  • Les polluants industriels de presque toutes les sortes ont quasiment toujours des propriétés imitant les œstrogènes qui vont s’ajouter la charge d’œstrogène d’une femme.
  • Il y a beaucoup de causes à la dominance d’œstrogènes telles que :
    • chimiques plastiques
    • retardateurs de flamme
    • pesticides et herbicides
    • parabènes
    • Aliments tels que soja*, légumineuses, alcool, sucres raffinés, hydrates de carbone simples, et les viandes et produits laitiers conventionnels qui contiennent de hormones de croissance et des antibiotiques
    • Stress
  • Le stress peut conduire à la fatigue surrénale et est l’une des plus grandes raisons pour laquelle le stress est considéré comme la « substance » la plus toxique dans nos vies modernes
  • Les symptômes de niveaux trop élevés chez les femmes ont tendance à être les mêmes que ceux qu’expérimentent les hommes quand ils ont trop d’œstrogènes
  • 7 trucs pour éviter la dominance d’œstrogènes :
    • Nettoyer Vert – Utiliser des produits d’hygiène sans toxines
    • Rester calme et aller de l’avant : ne pas se stresser !
    • Surveiller votre foie – Détoxifiez, ne buvez pas en excès et mangez bien !
    • Manger correctement – Préférez des produits animaux de plein air et biologiques tout en évitant les hydrates de carbone simples et le sucre
    • Évitez le soja – Aliment hautement œstrogénique*
    • Mouvement – Bougez votre corps !
    • Maintenez vos bactéries intestinales heureuses – Prenez soin de votre microbiote

(Traduction de cet article)

 

Pour les anglophones, un supplément d’information ici et dans cette vidéo.

 

Une petite consolation pour les femmes ayant « trop » d’œstrogènes » : il semblerait qu’elles bénéficient d’une plus belle peau…

Colette