Maladie d’Alzheimer et régime cétogène : une aide ou pas ?

 Sad Senior Woma XXIV

 

Bonjour chères lectrices et chers lecteurs !

Aujourd’hui, pour continuer la série d’articles consacrés au régime cétogène*, je vous propose la traduction d’un article étudiant ses effets sur la maladie d’Alzheimer, écrit par les docteurs Dean et Ayesha Sherzai, sur le site du Centre de recherches en nutrition du professeur Colin T. Campbell, auteur du célèbre ouvrage « L’enquête Campbell ».

En effet, ce mode d’alimentation s’enorgueillit d’être une aide précieuse dans le cadre de cette maladie, entre autres choses. Voyons ce qu’en pensent deux médecins spécialistes du cerveau et de la maladie d’Alzheimer.

Le Dr Dean Sherzai est co-directeur du programme de prévention de la maladie d’Alzheimer de l’université de Loma Linda. Il a suivi une formation en neurologie à la faculté de médecine de l’Université de Georgetown et a obtenu une bourse de recherche sur les maladies neurodégénératives et la démence à l’Institut National de santé et à l’université de San Diego. Il est également titulaire d’un doctorat en leadership des soins de santé axé sur la santé communautaire de l’Université Andrews.

Le Dr Ayesha Sherzai est neurologue et co-directrice du programme de prévention de la maladie d’Alzheimer de l’Université de Loma Linda, où elle dirige le programme Lifestyle pour la prévention des maladies neurologiques. Elle a suivi une double formation en médecine préventive et en neurologie à l’Université de Loma Linda et a eu une bourse de recherche en neurologie vasculaire et en épidémiologie à l’Université de Columbia. Elle est également formée en alimentation végétale. 

* Les articles précédents consacrés à l’alimentation cétogène :

 

 

La plus grande peur médicale de notre siècle n’est pas une infection ou une maladie cardiaque ni même le cancer. Nous gagnons progressivement toutes ces batailles. Ce que nous affrontons aujourd’hui est bien pire, quelque chose de plus coûteux, insidieux et démoralisant que tout ce que nous avons vu auparavant. C’est une maladie qui affecte les individus, les familles et les communautés dans leur essence, à un niveau personnel. C’est la maladie d’Alzheimer et c’est un tsunami qui a submergé notre système de santé en moins de vingt ans.
Aujourd’hui, c’est la maladie la plus coûteuse, coûtant au moins 400 milliards de dollars par an, sans parler d’une source de profond fardeau émotionnel et de souffrance pour la famille et la communauté. C’est également « l’épidémie » dont la croissance est la plus rapide, avec une augmentation de 87% de la prévalence et de la mortalité durant la dernière décennie.(1)

A l’heure actuelle, après des centaines de milliards de dollars d’essais cliniques et de recherche, il n’existe absolument aucun médicament susceptible d’arrêter ni même de ralentir le processus de la maladie, ni aucun médicament permettant d’y échapper à coup sûr. 

Étonnamment, toutefois, nous avons trouvé la solution à la prévention de plus de 90% des cas d’Alzheimer. Oui, nous savons comment prévenir cette maladie. Des décennies de recherches ont démontré que les mêmes facteurs affectant le cœur et les autres organes, affectent aussi le cerveau. Ce petit organe, qui constitue 2% du poids du corps et consomme 25% de son énergie, est très sensible aux facteurs de risques vasculaires, aux facteurs inflammatoires et aux sous-produits oxydants. Parallèlement sa capacité de croissance et de connexion de 10 à 20 000 fois lui confère une incroyable capacité de restauration.

Dans notre livre « The Alzheimer’s Solution », nous avons examiné et résumé plus de 300 articles évalués par des pairs et mis à profit notre expérience de travail dans une recherche clinique complète sur la démence pour déterminer ce qui peut aider à prévenir le déclin cognitif et la maladie d’Alzheimer. 

Parmi toutes ces sources, il était évident qu’une vie riche en activités physiques et mentales, en sommeil réparateur, en gestion du stress et avec une alimentation végétale complète, pauvre en sucre était extrêmement efficace pour garder notre cerveau vif et actif tout au long de notre vie.
Pour nous, qui ne travaillons pas seulement en clinique ou en laboratoire, mais aussi dans les communautés mal desservies par le biais de notre fondation Healthy Minds Initiative, c’est une bataille pour l’âme et la dignité de notre société vieillissante.

Ainsi, lorsque nous entendons des informations sorties de leur contexte, choisies au hasard, ou délibérément mal interprétées pour créer un mouvement à suivre ou pour servir un programme particulier, il s’agit d’une attaque contre toutes les communautés que nous considérons comme de la famille.

Le dernier régime en date qui fait « fureur » est le régime cétogène, avec de rares preuves d’une efficacité allant au-delà du traitement d’appoint pour certaines formes d’épilepsie ou la santé douteuse des rongeurs de laboratoire.

 

Les preuves de l’effet du régime cétogène sur la santé cognitive et la prévention de la maladie d’Alzheimer sont absolument inexistantes. Il a un effet temporaire sur les cellules cérébrales en raison de son énergie alternative mais cet effet est de courte durée et pourrait avoir des effets néfastes sur le long terme. Pourtant, il a été démontré à maintes reprises que le fait de suivre un régime cétogène qui entraîne souvent une dysrégulation du glucose et des lipides, crée des sous-produits nocifs ainsi que le dépôt de protéines amyloïdes et de protéines Tau, associés étroitement à la maladie d’Alzheimer en phase terminale. (2)(3)(4)(5)(6)(7)(8)(9)(10).

Les preuves ne pourraient pas être plus disproportionnées en faveur de l’alimentation végétale complète, alors que dans les médias, une fausse équivalence a été créée sur la base d’anecdotes ou d’affirmations du type « il y a des milliers de personnes qui sont d’accord avec moi sur mon blog » . Les moyens par lesquels on peut obtenir un état cétogène sont les mêmes que lorsque l’on crée une dysrégulation du métabolisme des graisses et du glucose, entraînant de l’inflammation et un déséquilibre immunitaire, aboutissant finalement à la maladie d’Alzheimer.(11)(12)(13)(14)

Le gain apparent d’énergie, gain à court terme, finit par coûter cher à long terme aux neurones et réduit très probablement leur durée de vie. Cette cause est trop importante et nous devons donner aux communautés les moyens de lutter pour leur santé mentale, maintenant.

Il ne fait aucun doute qu’une alimentation végétale complète, contribue à maintenir notre organe le plus vital en forme jusqu’à 80 ans, 90 ans et plus.

 

Références

  1. Alzheimer’s Association. (2017). 2017 Alzheimer’s disease facts and figures. Alzheimer’s & Dementia, 13(4), 325-373.
  2. Foster, G. D., Wyatt, H. R., Hill, J. O., Makris, A. P., Rosenbaum, D. L., Brill, C., … & Zemel, B. (2010). Weight and metabolic outcomes after 2 years on a low-carbohydrate versus low-fat diet: A randomized trial. Annals of internal medicine, 153(3), 147-157.
  3. Brinkworth, G. D., Noakes, M., Buckley, J. D., Keogh, J. B., & Clifton, P. M. (2009). Long-term effects of a very-low-carbohydrate weight loss diet compared with an isocaloric low-fat diet after 12 mo. The American journal of clinical nutrition, 90(1), 23-32.
  4. Craft, S. (2009). The role of metabolic disorders in Alzheimer disease and vascular dementia: two roads converged. Archives of neurology, 66(3), 300-305.
  5. Granholm, A. C., Bimonte-Nelson, H. A., Moore, A. B., Nelson, M. E., Freeman, L. R., & Sambamurti, K. (2008). Effects of a saturated fat and high cholesterol diet on memory and hippocampal morphology in the middle-aged rat. Journal of Alzheimer’s Disease, 14(2), 133-145.
  6. Bayer-Carter, J. L., Green, P. S., Montine, T. J., VanFossen, B., Baker, L. D., Watson, G. S., … & Tsai, E. (2011). Diet intervention and cerebrospinal fluid biomarkers in amnestic mild cognitive impairment. Archives of neurology, 68(6), 743-752.
  7. Morris, M. C., Evans, D. A., Bienias, J. L., Tangney, C. C., Bennett, D. A., Aggarwal, N., … & Wilson, R. S. (2003). Dietary fats and the risk of incident Alzheimer disease. Archives of neurology, 60(2), 194-200.
  8. Kalmijn, S., Launer, L. J., Ott, A., Witteman, J., Hofman, A., & Breteler, M. (1997). Dietary fat intake and the risk of incident dementia in the Rotterdam Study. Annals of neurology, 42(5), 776-782.
  9. Li, L., Cao, D., Garber, D. W., Kim, H., & Fukuchi, K. I. (2003). Association of aortic atherosclerosis with cerebral β-amyloidosis and learning deficits in a mouse model of Alzheimer’s disease. The American journal of pathology, 163(6), 2155-2164
  10. “It does have a temporary effect on brain cells due to its alternative energy, but that effect is short-lived and believed to have long-term damaging effects”
  11. Heneka, M. T., Carson, M. J., El Khoury, J., Landreth, G. E., Brosseron, F., Feinstein, D. L., … & Herrup, K. (2015). Neuroinflammation in Alzheimer’s disease. The Lancet Neurology, 14(4), 388-405.
  12. Takechi, R., Galloway, S., Pallebage-Gamarallage, M. M. S., Lam, V., & Mamo, J. C. L. (2010). Dietary fats, cerebrovasculature integrity and Alzheimer’s disease risk. Progress in lipid research, 49(2), 159-170.
  13. de Lima, P. A., Prudêncio, M. B., Murakami, D. K., de Brito Sampaio, L. P., Neto, A. M. F., & Damasceno, N. R. T. (2017). Effect of classic ketogenic diet treatment on lipoprotein subfractions in children and adolescents with refractory epilepsy. Nutrition, 33, 271-277.
  14. de Lima, P. A., Sampaio, L. P. D. B., & Damasceno, N. R. T. (2015). Ketogenic diet in epileptic children: impact on lipoproteins and oxidative stress. Nutritional neuroscience, 18(8), 337-344.

 

 Nadège