Comment arrêter l’avancée mortifère du diabète

Le diabète touche de plus en plus de vies avec chaque année qui passe. Comment pouvons-nous le stopper ?

Cet article a été écrit par Anna maria Clement (co-directrice de l’Institut Hippocrate) pour le magazine Healing our world en janvier 2019, et concerne une pathologie qui semble s’être étendue sur toute la planète. Car elle suit la progression contaminante du mode de vie occidental (et surtout « américain ») vers toutes les sociétés qui abandonnent alors leurs modes de vie traditionnels au profit d’aliments trop gras, trop sucrés, trop cuits, qui n’ont plus rien de vivant ou de boissons qui n’ont plus rien à voir avec l’eau bienfaisante de nos ancêtres…

 

Diabetes doing blood glucose measurement.

 

En 1900, les journaux médicaux ne contenaient aucune information sur la maladie que nous nommons « diabète ».

Comme on le suppose, ce désordre du mode de vie a été complètement créé à travers des régimes pauvres et une vie léthargique. Ce n’est pas seulement une énorme maladie, mais elle est allée jusqu’à être l’une des maladies fatales les plus proéminentes dans le monde d’aujourd’hui. Il y a pléthore d’autres maladies qui sont crées par cet état dû au sucre y compris, mais pas seulement, la neuropathie, la maladie rénale, cardiovasculaire, la démence, Alzheimer, divers cancers, le vieillissement prématuré, l’obésité, le côlon enflammé, l’autisme, l’asthme et les allergies.

Une étude récente a clairement expliqué la différence entre le type 1, qui est habituellement nommé diabète juvénile, et le type 2, habituellement nommé diabète de l’âge adulte. En termes simples, le type 1 signifie qu’il y a trop peu de sucre/insuline, empêchant le pancréas de bien fonctionner, tandis que le type 2 signifie qu’il y a trop de sucre/insuline affligeant le pancréas. Les deux sont des troubles anormaux de l’insuline.

L’institut de recherche de l’hôpital général de Toronto a identifié une voie spécifique de l’insuline qui active les Cellules-T, qui à leur tour activent tout le système immunitaire. L’insuline est un co-stimulant du système immunitaire avec des cellules immunes régulées par des signaux métaboliques venant de l’insuline.

Parmi les gens qui souffrent de cette maladie, 90% souffrent du diabète de type 2. Depuis 1956, notre travail ici à Hippocrate nous a conduits à comprendre concrètement que ce désordre est corrigible à 100% quand on veut bien changer définitivement ses habitudes de régime et de mode de vie. Le type 1 est lié à des allergies cœliaques et au gluten, souvent contractées dans le ventre de la mère. Il peut être grandement amélioré mais est de bien plus mauvais augure dans ses effets résiduels.

Selon le « Diamond project » de l’OMS, les pays ayant le taux le plus élevé de diabète de type 1 sont la Scandinavie, la Sardaigne et le Koweït. Il est moins courant en Asie et en Amérique latine. Nous pensons que la consommation élevée de viande, de produits laitiers et de gluten dans ces régions sont les précurseurs déclenchants de ce problème en expansion.

Globalement, ces maladies touchent 400 millions de personnes pour un coût annuel de 1.300 milliards de dollars. Des méta-études (un ensemble de recherches sur tout le globe) rapportent que l’alimentation et l’exercice étaient trois fois plus efficaces pour contrôler le diabète de type 2 que toutes les médications couramment prescrites. Dans une période de 10 ans de 2003 à 2013, le nombre de personnes ayant contracté ce désordre a quadruplé. Il est désormais courant que des enfants de 5 à 10 ans souffrent de diabète de type 2.
Économiquement et socialement cette tendance devient insoutenable.

Des recherches de pointe indiquent que notre microbiote ancestral, qui affecte le système immunitaire et les mitochondries dans les cellules s’est significativement érodé au fil du dernier siècle. Ce qui était traditionnellement transmis de mère à enfant à travers une naissance naturelle, vaginale, et par l’allaitement au sein.

Hélas, ces deux choses sont moins courantes dans notre monde actuel, fou de vitesse. La perte de cette façon naturelle de donner naissance pour accueillir nos nouveaux-nés dans ce monde, a significativement réduit ces bactéries saines et, finalement, le système immunitaire prospère qui était échangé de mère à enfant. Le résultat malheureux est la malabsorption des nutriments, et un système immunitaire déséquilibré. Ces deux choses contribuent à une élévation de l’insuline.

Diabète

(Image Magazine Healing our world)

 

La recherche publiée par l’École médicale de Harvard impliquait les mauvais choix alimentaires dans l’enfance comme le catalyseur pour contracter le diabète de type 2, le cancer, ainsi que des troubles cognitifs et physiques plus tard dans la vie. Sa recommandation est en faveur d’une nutrition équilibrée commençant dans l’enfance. L’OMS est également concernée, et a dépensé des centaines de millions de dollars pour promouvoir l’accès à des aliments sains, ainsi que dans l’éducation et l’entraînement des gens en partageant une activité physique. Ces organisations se livrent à une grande bataille alors que l’industrie agro-alimentaire réduit leurs tentatives galantes…

En comparant la consommation moyenne alimentaire de 1970 à nos jours :

  • il y a près de 50 ans la personne lambda mangeait trois repas par jour et rarement un snack entre ceux-ci.
  • Aujourd’hui, nous mangeons le double, l’équivalent de six repas par jour.

 

Les addictions alimentaires, le stress émotionnel, la pression du travail, des relations conflictuelles et des soucis financiers activant, tous, le relâchement de cortisol, la réponse fuir-ou-combattre qui chamboule nos organismes.

Quand le cortisol est activé, il relâche les hormones du stress, l’adrénaline et l’épinéphrine et aussi du sucre du foie sous la forme de glucose. Le glucose et la graisse relâchés de façon non naturelle par le foie et les muscles dans le sang. Tout cela élève le sucre sanguin, impactant chaque organe du corps.

 

Depressed business woman

 

L’Université de Chicago a conduit une étude sur la privation de sommeil avec pour résultat le diabète de type 2. De jeunes étudiants, parfaitement sains, qui avaient des schémas de sommeil normaux ont diminué d’une heure tous les deux jours la durée de leur sommeil. Au 12ème jour chacun de ces sujets avaient soit un pré-diabète, soit un diabète actif. Les chercheurs ont noté que moins les étudiants dormaient, plus ils consommaient d’aliments gras, salés et sucrés. Cet extraordinaire dossier a révélé indirectement, que le manque de sommeil provoquait des schémas alimentaires anormaux qui créaient rapidement un diabète en un court laps de temps.

Le Comité des médecins pour une médecine responsable a rapporté une étude de 17 années sur les adventistes du 7ème jour consommant une alimentation végétarienne, par rapport aux consommateurs de viande courants. Les consommateurs de viande avaient une incidence plus élevée de 29% de souffrir du diabète de type 2 par rapport aux végétariens ayant une alimentation pas très saine.

Souvenons-nous : les végétariens mangent souvent des aliments transformés, des produits laitiers et même des œufs, choix délicats.

Sans surprise, ceux qui consommaient le plus de viande, le plus longtemps, avaient une incidence plus élevée de 74% de souffrir du diabète par rapport aux végétariens ayant pourtant un choix alimentaire pauvre. D’autres recherches montrent que la consommation d’aliments animaux plus élevée est aussi liée au cancer, aux maladies cardiaques, aux phlébites et aux désordres inflammatoires comprenant l’arthrite, le lupus et autres.  L’Étude de santé des infirmières (Nurses’Health study) a trouvé que ceux qui consommaient cinq fois, ou plus, de poisson par semaine avaient une incidence plus élevée de 22% de souffrir du diabète de type 2. Sans surprise, les personnes qui consomment des régimes élevés en graisses, y compris des habitants de petites îles du Pacifique Sud, souffrent d’un mode de vie créant des problèmes de sucre.

Depuis 1980, ici à Hippocrate, j’ai pu observer que les graisses hautement saturées étouffent la cellule, ne permettant pas aux sucres de la pénétrer et d’être brûlés en tant que carburant. Par conséquent, ils restent dans le sang. C’est de là que vient le terme de « sucre sanguin ».

 

 

Plus de 80% de gens qui contractent le diabète de type 2 sont de gros mangeurs de viande, y compris, le poisson, le poulet, la dinde et tout l’éventail des œufs et produits laitiers.

La science a désormais offert une explication pour ce qui se produit. Ce choix animal abaisse l’activité des gènes responsables de la phosphorylation oxydative mitochondriale dans le tissu musculaire, en diminuant la capacité optimale de guérison. La viande contient aussi du fer qui encourage le production d’une variété d’oxygènes réactifs et de déchets toxiques, qui endommagent les tissus corporels, y compris les cellules pancréatiques productrices d’insuline.

Ma suggestion pour vous :

  • Si vous avez le diabète, vous devriez adopter l’alimentation et le mode de vie de l’institut Hippocrate.
  • Si vous voulez prévenir le diabète, vous devriez adopter l’alimentation et le mode de vie Hippocrate.
  • Si vous ne vous voulez pas de démence/Alzheimer, de maladie cardiaque, de cancer, de neuropathie, de désordres visuels, de troubles rénaux, d’arthrite, de lupus, d’états inflammatoires et de tous les autres troubles associés aux désordres du sucre sanguin, je vous suggère fortement d’adopter l’alimentation et le mode de vie d’Hippocrate.

 

(Traduction : Healing our world – Volume 39 – Issue 1)

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NOTE : L’alimentation et le mode de vie « Hippocrate » qui sont recommandés par Anna maria Clement dans cet article sont également ceux que nous recommandons globalement au fil de nos articles sur ce blog. Nous voudrions juste insister sur le fait qu’il n’y a pas, à notre connaissance, un régime-panacée qui correspondrait parfaitement à tous… il se trouve que ce mode alimentaire, s’il est (et seulement s’il est) adapté et personnalisé pour chacun est probablement le meilleur connu à ce jour, tout en pouvant être légèrement différent d’un individu à l’autre.

C’est pourquoi une grande connaissance de soi et de son organisme est nécessaire, ce qui suppose une observation attentive de ses propres réactions (et cela n’a rien à voir avec le goût de nos « papilles »), ce qui peut, éventuellement, être facilité par l’aide d’un thérapeute compétent.

 

Colette