Comment un livre m’a donné des enfants : changement d’alimentation contre stérilité

Katherine Lawrence est formatrice au Centre d’études sur la Nutrition et elle adore manger. Elle vit au Texas où elle aide sa communauté au travers de programme éducatif sur la nutrition et des démonstrations culinaires en tant que membre de www.foodsavedme.com (littéralement « lanourrituremasauvé.com »).

Sa précédente vie ne la prédisposait pourtant pas à ça ! Avant, elle a dû faire face à de graves problèmes de santé qui lui ôtaient tout espoir d’avoir un jour des enfants. Pourtant, malgré les pronostics sans appel des médecins, un livre lui redonna non seulement l’espoir mais lui permit de conjurer le sort qui semblait s’acharner sur sa famille depuis des générations !

Changement d'alimentation contre stérilité Katherine Lawrence Katherine et sa famille

Je vous fais ici la traduction de son témoignage :

Je me souviens de la tristesse sur le visage de mon docteur alors qu’il détaillait mes problèmes de stérilité et qu’il prononça l’ultime sentence « vous ne pourrez jamais avoir d’enfants ». Endométriose stade 4, a t-il dit. Kystes ovariens et utérins, il a dit. Problème avancé du système reproductif, il a dit. Finalement, nous avions une réponse à la douleur atroce que j’avais depuis les 6 derniers mois. Il n’y avait aucun traitement à part une hystérectomie. Mon cœur chavira. N’y a t-il rien que je pouvais faire, ai-je demandé ? Est ce que c’était mon alimentation ?

A ce moment de ma vie, j’avais 27 ans et je venais de quitter l’Air Force. Tout au long de mes années universitaires dans un programme d’ingénierie et plus tard dans l’armée, mon cercle proche était majoritairement masculin. Avec un bon appétit et un métabolisme élevé, j’ai facilement adopté leurs habitudes alimentaires. Ce n’était pas inhabituel pour moi de manger un double cheeseburger et du coca-cola pour le petit-déjeuner (ou parfois deux !). Après avoir passé quelques temps en Irak pendant la guerre, j’ai décidé de devenir civile et me retrouvais à travailler dans une grande entreprise d’ingénierie … encore une fois, entourée par la même démographie. Pour beaucoup d’hommes dans la vingtaine, il semble qu’ils définissent leur virilité en partie par la quantité de viande qu’ils peuvent consommer. J’ai suivi le schéma. D’une certaine façon, dénigrer les légumes publiquement me rendait « forte » avec suffisamment de confiance pour trainer avec des gars, à la guerre comme au bureau.

En repensant à ma conversation avec mon médecin, je suis sidérée qu’il ne m’ait rien demandé sur mon alimentation. Il n’avait aucun intérêt pour mon déplorable régime alimentaire et ne voyait aucune relation entre lui et ma mauvaise santé, malgré la multitude d’études scientifiques liant les produits laitiers, les hormones, le sucre et la caféine avec les problèmes de fertilité.

Comme souvent dans les évènements majeurs, ma vie a changé pour toujours grâce à une petite distorsion du destin. Une amie m’a demandé si j’avais réfléchi à ce que je mangeais. Non … Je m’étais consolée avec les déclarations de mon médecin selon lesquelles je n’avais aucune responsabilité là dedans et que c’était « juste une de ces choses qui arrive à certaines femmes« . Comme une bonne amie, elle me mit en relation avec un nutritionniste malgré tout. De lui, j’ai appris tous les dangers des produits laitiers, du sucre, des aliments transformés, du manque de fibres et de la caféine sur le système reproductif des femmes. Malheureusement, je rejetais tout en bloc, ABSOLUMENT TOUT.

Mais je voulais dire à ma mère que j’avais essayé tout ce que je pouvais pendant que j’attendais la date de mon hystérectomie, alors j’ai changé mon alimentation quand même. Pendant 6 semaines, j’ai mangé uniquement des aliments végétaux complets. Principalement des brocolis, du riz complet et des haricots parce que la fille Cajun que j’étais n’avait aucune idée de la façon de cuire quelque chose sans beurre et sans crevettes.

Bien que je me sente un peu mieux (et j’étais dans le déni complet que mon alimentation puisse y être pour quelque chose), je suis allée à la laparoscopie que mon médecin avait prescrit pour déterminer quelle proportion de mon système reproductif pourrait être épargné et ne servirait pas de déchet médical. Mais 20 minutes après le début de la procédure, le docteur était stupéfait et confus. Il m’a dit que 95% de mon endométriose avait disparu. Il y avait quand même des cicatrices importantes. La seule trace d’endométriose qui restait avait formé une adhérence autour de mon colon la connectant avec ma paroi abdominale (Aïe !). Alors qu’il expliquait mon inexplicable guérison, je me souviens de ma mère lui demandant si mon alimentation avait été la source de ma guérison. Il a éclaté de rire et répondit que non.

Alors que j’étais extatique de ne pas avoir eu mon hystérectomie, une partie de moi était angoissée. Comment pouvais-je manger comme cela pour le reste de ma vie ?

Grâce à des ressources comme « The China Study » (L’Enquête Campbell, la plus grande étude jamais réalisée sur la nutrition), The Cancer Project, L’institut Kushi et d’autres, j’ai appris à naviguer vers la nourriture savoureuse facile à faire. Après six mois d’alimentation végétale et complète, j’ai vu des changements incroyables. Mon cholestérol a chuté, passant de 178 à 128, j’ai perdu 25 kg et j’ai vu apparaitre de nouveaux cheveux. Mes problèmes de système reproductif ne sont jamais réapparus. La plus grande référence pour moi a été de réaliser que les kystes (maladie fibrokystique) que j’avais dans mes seins depuis la puberté avaient complètement disparu. Je pensais que c’était quelque chose que toutes les femmes dans ma famille étaient génétiquement destinées à avoir. Nous en avons toutes eu, de ma mère à ma grand-mère en passant par ma cousine. De les voir complètement dissous me fait penser qu‘il y a quelque chose que nous pouvons faire contre les prédispositions génétiques. Quelle libération !

A partir de là, le travail de ma vie a changé. J’étudie la nutrition à fond et suis obsédée par le fait de partager ces informations avec les autres. Combien d’autres femmes ont opté pour une hystérectomie parce qu’elles ne réalisent pas quel contrôle elles ont sur leur santé reproductive ? BEAUCOUP TROP. NBC News a diffusé mon histoire et j’ai entendu des centaines de femmes qui auraient voulu savoir. Sur ce nouveau chemin, j’ai laissé l’ingénierie et ai commencé à enseigner la nutrition et donner des cours de cuisine pour The Cancer Project (maintenant PCRM) et ensuite pour la fondation T. Colin Campbell (maintenant Le Centre d’études sur la Nutrition T. Colin Campbell). Mon travail important avec des milliers d’étudiants a ouvert mes yeux et m’a donné la motivation pour partager le pouvoir d’une alimentation végétale. J’ai été témoin de la guérison de dizaines de maladies débilitantes : diabètes de type 2, arthrite, Syndrome du colon irritable, cancer du sein, goutte, obésité, maladie cardiaque, pression artérielle élevée, maladie de Crohn, ostéoporose et bien d’autres. Mon sujet favori est d’expliquer l’importance des fibres alimentaires, je crois que ce sont les racines de beaucoup de guérison.

Katherine Lawrence et Dr CampbellKatherine et le Dr Campbell, jeune de 80 ans !

 

Mes véritables bénédictions sont arrivées en 2011 et en 2013 lorsque j’ai donné naissance à des garçons sains, végétaliens. Les deux ont été conçus naturellement et ont bénéficié grandement de mes grossesses végétaliennes. Ils sont forts, en bonne santé et grandissent bien. Et ils me servent de rappel quotidien quant au pouvoir des choix alimentaires. Notre petit-déjeuner habituel est composé de quinoa, de patates douces et de haricots ou de porridge, verdures et tofu. Ils sont simplement dingues de mes smoothies verts et je prie pour leur avoir donné un départ différent dans la vie que celui que j’ai eu. Et j’espère qu’ils vont définir leur virilité par leur volonté de vivre une longue vie en bonne santé pour prendre soin de leur famille. J’espère qu’ils rejetteront la définition classique typique de la virilité (qui a tendance à s’accompagner de maladies cardiaques, de cancer et de diabète) et qu’ils embrasseront une alimentation qui les gratifiera de longévité et espérons-le, de la capacité d’être en bonne santé et assez alertes pour rencontrer leurs arrières-arrières petits-enfants. J’espère que leur personnalité et leur désir de vitalité et leur amour les soutiendra face aux critiques qu’ils recevront certainement (et qu’ils reçoivent déjà à leur jeune âge) concernant leurs choix alimentaires.

Des ovations aux hommes qui font ce choix dans le monde. C’est un acte de générosité d’abandonner le bacon en faveur de quelque chose qui promeut la vie. Je suis fière et reconnaissante d’avoir contribué à l’arrivée sur Terre de 2 hommes de plus, grâce au Dr Campbell et à la masse colossale de travail qu’il a réalisé dans ce domaine.    

 

J’espère que ce témoignage vous aura été utile. N’hésitez pas à le partager autour de vous au maximum de personnes, surtout auprès de celles qui auraient des problèmes de santé. c’est un message d’espoir pour elles !

Nadège